dimanche 30 avril 2017

3 ème jour - Neydens - La Motte - 18,5 kms

30 avril 2017 

Encore une belle journée qui s'annonce. Ce matin, les températures sont plus raisonnables,  3 degrés, au lever du jour. Mais compte tenu, du faible kilométrage aujourd'hui, je ne pars qu'à 9h. Je sors du village en montant vers les sommets de la Saleve. Quel plaisir,  le soleil exulte les odeurs enivrantes des lilas,  qu'ils soient blancs,  roses ou mauves.




A la sortie du village, je longe les prés d'alpages, avant de pénétrer dans la forêt, direction le col du Mont Sion,  que la flèche du panneau indicatif nous désigne.




Les troncs des arbres semblent se cacher derrière les feuilles d'un vert très tendre de leurs branchages.



Je sais que je suis bien sur le chemin de Compostelle car parfois une stèle nous rappelle que des pèlerins y  vivent leurs derniers instants et y laissent la vie.


Mais continuons, après une pensée pour cette âme. Quelle agréable surprise à la sortie de cette partie forestière, la Chartreuse de Pomier (non je n'ai pas fait de fautes de frappe). Cet édifice fondé en 1170 à l'initiative des comtes du Genevois et de Vaud transpire la sérénité,  dans ce cadre de verdure face au Jura. J'aurais bien été frère Convers ici.





Je continue à monter encore pour arriver à Beaumont à 750 m. Maintenant, c'est un troupeau de vaches qui me regardent passer au son de leurs cloches. Que c'est agréable à l'oreille, quand on est de passage. Mais je n'ose pas imaginer ce qu'elles pensent de ces instruments de torture qu'elles gardent accrochées à leur cou à perpétuité.

Après avoir atteint le sommet de la journée à 900 m au cimetière de St Blaise qui permet d'avoir une belle vue sur la chaîne de montagnes du Jura, je redescend vers le col du Mont Sion où j'ai donné rendez-vous à nos hôtes de ce soir et à Babeth pour pique-niquer.




Petite pause d'une heure, face aux montagnes du Jura, où Xavier nous fait un petit cours de géographie locale.



Passage par Charly et sa jolie petite église.


Puis après nous redescendons vers l'étape du jour "les 3 chênes". Sur le plateau  chez Grezat, une autre vue s'offre à nous, les Alpes et son célèbre Mont blanc. Cadre que l'on retrouve le soir chez notre hôte,  autour d'un rafraîchissement sur la terrasse pour notre petit 4 h.





Cumul : 30 kms

samedi 29 avril 2017

2ème jour - Genève - Neydens - 11,5 kms

29 avril 2017 

À 5 h ce matin, les oiseaux nous font leur récital.  Je lève une paupière. Ziiipp, Ziiipp,  j'ouvre la fermeture-éclair et je tente une sortie de la tête à l'extérieur de la tente. Comme c'est joli, tout est givré,  sur les toits et sur l'herbe. C'est ce petit clair de lune qui fait mille scintillements,  mais il ne fait pas très chaud. Aussi je replonge vite fait dans mon duvet pour dormir jusqu'aux aurores.


Le soleil a eu raison très rapidement du givre. Nous partons en voiture vers  8h15 pour Genève,  point de départ du GR65. Mais avant, nous ne manquons de visiter la capitale helvète.






Puis, en début d'après-midi,nous gagnons la cathédrale St Pierre avec sa magnifique chapelle des Macchabees  datant de 1400-1405.  C'est de la Cour St Pierre que débute mon nouveau chemin de Compostelle.





Direction Carouge à 4 km, et aussitôt sortis, les petits chemins s'offrent à nous. J'enjambe une petite passerelle au dessus de la Drize.






Pendant ce temps,  Babeth  va en voiture au terrain de camping, puis vient à ma rencontre pour que nous finissions le trajet ensemble.

A peine rentrer au terrain, surprise mon oncle Xavier et Marcelle nous ont laissé un petit mot sur la tente. Ils souhaitent passer la soirée  avec nous.

Ni une, ni deux,  je prends mon téléphone et nous nous donnons rendez-vous à l'auberge près du terrain pour une reblochonnade. C'est çà  les rencontres du chemin, son trésor vaut dans l'inattendu. D''ailleurs Xavier et Marcelle profitent de mon blog pour passer un petit coucou à toute la famille. Quel bonheur ces 3 bonnes heures passées ensemble. Mais il ne faut pas tarder demain, une nouvelle randonnée nous attend.



vendredi 28 avril 2017

1er jour - Départ vers Genève

28 avril 2017

Bonjour à toutes et à tous,



L'hiver est passé et dès le printemps, de nouveaux, les fourmis me démangent les jambes. Je n'y tiens plus, il faut que je reparte sur les chemins. Cette fois, je veux faire le GR65, plus connu sous le nom de la voie Podiensis empruntée par l'Evêque Codescalc en l'an 950 et  très souvent parcourue par les pélerins partants du Puy en Velay pour rejoindre Compostelle. Quant à moi, j'ai très envie de partir de son extrémité française à savoir, Genève qui porte le nom de Gebennensis (nom latin de Genève) jusqu'au Puy en Velay. Ensuite, ce chemin passe par Conques, Moissac, Aire sur l'Adour et St Jean Pied de Port. Si la forme est toujours là, je compte aller jusqu'à St Jacques de Compostelle et Fisterra  en passant cette fois-ci par la voie nord de l'Espagne, le Camino del Norte. Pour cela je dois rejoindre Hendaye en traversant sur 5 jours les Pyrénnées.



Moi Randonneur, j'ai envie de parcourir de jolis sentiers,

Moi Randonneur, j'ai besoin de retrouver la quiétude des grands espaces,
Moi Randonneur, j'espère retrouver des instants de rencontres sympathiques et inoubliables,
Moi Randonneur, je partagerais avec vous mes plaisirs, mes doutes, ainsi qu'avec ma femme Elisabeth qui m'accompagnera cette fois-ci,
Moi Randonneur, je serais avec vous pour à peine 3 mois et sur un peu plus de 2.090 kms.



Pour  commencer, nous consacrons cette première journée de Vendredi pour nous rendre à Genève en voiture. Après une courte nuit et après avoir fait minutieusement mon sac à dos hier soir, dernière pesée : 14 kg de survie, nous nous levons à 5 h pour prendre la direction de Tours - Paray le Monial.

Nous déjeunons peu après,  sur un parking. Mais en sortant de la voiture, malgré le soleil, il ne fait pas très chaud et la température ne dépasse pas 10 degrés. Puis nous reprenons la route, nous franchissons les vallons du Mâconnais. De magnifiques ouvrages d'art nous facilitent l'accès vers Genève, comme le Viaduc de Charix.





Les premiers sommets enneigés font leur apparition. 
Quelles magnifiques palettes de couleurs.  Le vert foncé des sapins se détachent sur le blanc des sommets enneigés, un peu en dessous,  c'est le vert très tendre des jeunes  feuillus. Et dans la plaine, c'est le jaune puissant des champs de colza qui dégoulinent vers les lacs qui reflètent le ciel bleu et le blanc des nuages moutonneux. 





Enfin, vers 16 h, nous arrivons au terrain de camping de Neydens à 560 m d'altitude où nous plantons notre tente.



La neige n'est pas loin, on devrait dormir bien emmitouflés, car demain matin la gelée matinale devrait nous réveiller. 




mardi 18 avril 2017

Attention au départ, le 28 avril 2017 pour un tour sur 2.000 kms en 80 jours

Je n'ai pas manqué de regarder à nouveau la diffusion du film "St Jacques la Mecque" qui met en scène un aperçu du chemin avec une approche du relationnel des individus et leur côté émotionnel. Certes, il met en avant, sous forme condensée, de nombreux clichés caricaturaux mais qui en réalité se sont vérifiés tout au long de mon premier périple réalisé de Brest à Santiago.

Les questions que l'on se posent tout au long de ces journées de marche trouvent leurs réponses, au fur et à mesure de l'avancée du chemin. Peut-on dire " On fait le Chemin de Compostelle" ou " c'est le Chemin de Compostelle qui fait de toi un nouvel individu".

Bien souvent aucun point commun ne rassemble toutes ces personnes qui décident de marcher pour un voyage initiatique, parfois seules, ou ensemble vers un même but : St Jacques de Compostelle. Elles vont vivre et traverser des épreuves, partager des moments  de joie, mais aussi de peines ou de découragement. Mais tout au long de ces kilomètres parcourus vont se créer des amitiés, des solidarités. Ce regard sur cette humanité me laisse parfois rêver. Je me mets à imaginer que si on lui offre un but, un destin commun, l'homme saura apporter sa générosité et les différences se réduiront, laissant place au meilleur de lui-même.

Mon premier chemin, je l'ai fait en période automnale, cette année, je vais expérimenter la marche de printemps. Je vais une nouvelle fois tenter de vous faire partager mon chemin et qui sait, peut-être que vous attraperez le virus pour le faire vous même à votre façon.

Ne me donnant aucun objectif précis, tant sur le kilométrage quotidien, ni sur les hébergements, ce périple de près de trois mois, sur un peu plus de 2.000 kms m'offrira le maximum de liberté pour profiter de mon environnement et du lâcher prise si nécessaire.