mercredi 31 mai 2017

33 ème jour - Auvilar - Miradoux - 20 kms

31 mai 2017

Pensée du jour :

Au carrefour imprévu, quel chemin prendrai-je? Quel pont ? sur quel fleuve ?
Il faudra, m'a-t-on dit, traverser bien des landes et quelques hauts plateaux après l'hiver.
Il faudra décrypter la moindre rumeur, le long des ogives, le long des linteaux.
Mais saurai-je entrevoir à la fin, dans la pénombre des bois,
Les ailes déployées de cet ange musicien dont on m'a tant parlé?

Ce jour sera une monotone randonnée,  puisqu'elle suit très souvent la route, à part quelques exceptions par les collines.

Monotone et triste,  car il fait très gris au départ à 7h30, du gîte. Par prudence, je mets mes guêtres et ma cape. La pluie s'installe peu de temps après, ne me permettant pas d'apprécier le paysage vallonné, couvert de cultures de céréales.



Dans ces conditions je ne rêve plus, mais, dans ma tête, je me refais le film à l'envers du chemin sur le Célé ou de mon départ sous la neige, il y a déjà un mois. La seule chose que je regarde, c'est le bout de mes chaussures,  tête baissée,  sous ma capuche dégoulinante. 1h30 sous la pluie et là, c'est la très grosse pluie d'orage,  je me presse pour rejoindre St Antoine sur l'Arrats. Je me réfugie dans l'église.







Quelques petites prières à St Antoine pour qu'il nous retrouve le soleil. A défaut,  si ce n'est pas efficace, au moins je suis au sec le temps que l'orage se calme.

Un petit quart d'heure après, je ressors profitant de l'accalmie pour reprendre le chemin vers Lectoure. Mais à la sortie du village grosse surprise, un ruisseau est sorti de son lit et barre la route. Il faut bien se résoudre à continuer,  même s'il faut marcher sur l'eau, car il y a au moins 20 cm d'eau et de boue.



Mais nous n'avions pas tout vu. Je dis nous, car nous sommes déjà une dizaine de pèlerins un peu bloqués, par cette crue. Un ou deux kms plus loin,  il faut descendre une colline par un chemin qui ressemble plus à un ruisseau et nouvelle déconvenue en arrivant en bas, il faut traverser un ruisseau sur un petit pont. Mais celui-ci a disparu englouti sous les eaux. Une pèlerine tente de passer, mais elle en a jusqu'au ras des fesses et plante son bâton pour vérifier la profondeur. Elle pourrait s'enfoncer jusqu'à la poitrine. Trop risqué, elle fait demi-tour et tout le groupe de même.


Nous préférons rejoindre Miradoux par la route, soit 3 kms supplémentaires, toujours sous une pluie battante.



Je n'ai pas eu le choix que de continuer car à ce village je suis sûr de trouver un hébergement pour enfin me changer. Je n'ai strictement plus rien de sec.

Je trouve un gîte, avec un nom prémonitoire "bonté divine". Enfin bien content de poser mon sac à dos et surtout de passer toute ma panoplie au sèche-linge.




Pas question de pique-niquer dehors, je vais au restaurant du village et cet après-midi repos. Le soleil est de retour et je vais lézarder sur la terrasse.



Cumul: 831,5 kms

mardi 30 mai 2017

32 ème jour - Moissac - Auvilar - 21 kms

30 mai 2017

Poème du jour :

Voici le chemin vers la fin des terres.
Prépare toi voyageur inlassable.
Un soleil diffus, entre ce matin, dans mon coeur.
Je songe déjà à mon voyage sur une barque fragile que je tiendrai à deux mains.
Un nuage chargé de grêle m'annoncera un hiver précoce.
Il s'étirera sur un fleuve large comme la mer.
Il me faudra trouver (on m'a déjà prévenu) la clef de l'autre rive.
L'hiver annoncé déchirera peut-être les arbres et la lumière tombera sur la neige surprise.
Puissé-je entendre alors la conversation de l'Eternel avec les bêtes et les anges.
De mon coeur apaisé j'espère trouver l'entrée.


Au VI ème siècle,  selon une légende, le roi Clovis fonda une abbaye royale. Mais c'est au milieu du XIème siècle que Moissac s'affilia à la célèbre abbaye de Cluny. Et c'est en 1100 que fût édifié le cloître roman.





Je vais participer dès 8h30, aux laudes célébrées par les soeurs bénédictines, dans l'abbaye fondée par le roi Clovis. Puis, en sortant,  je visite le cloître roman orné de 76 chapiteaux dont la plupart historiés commentant des versets de la Bible et de la vie des saints.





Je quitte la ville par le canal du Tarn qui passe au pied de Moissac,  avant de monter sur les hauteurs des coteaux de Boudou. De là haut,  magnifique vue sur la Garonne qui coule juste après Moissac en offrant elle aussi son propre canal.




Je poursuis vers Malause en hâtant le pas, car le ciel s'assombrit terriblement.  Juste le temps d'arriver à un abri-bus et c'est le déluge. Je vais pouvoir manger au sec, puis aller prendre mon café au bar de l'église, à quelques pas.

Une demi-heure après la pluie cesse. Je rejoins à nouveau le canal jusqu'à Pommevic. Ce village a une très jolie abbatiale du XIIème siècle dont on remarque les méthodes de construction locales, assemblant briques et galets ou briques et pierres de calcaire.







Enfin dernière ligne droite de 5 kms pour aller au gîte communal d'Auvillar, dans un ancien presbytère. Ce village "plus beau village de France" a de très belles halles et de vieilles bâtisses dont l'architecture est typique de la région.







Cumul: 811,5 kms

lundi 29 mai 2017

31 ème jour - Montcuq - Moissac - 41 kms

29 mai 2017

Pensée du jour :

Avance sur ta route car elle n'existe que par ta marche.
Saint Augustin

Je me lève de très bonne heure ce matin, car l'horaire du petit déjeuner est libre. Ceci me permet donc de partir dès 7h.

Comme je ne la connais pas, je visite la cité médiévale et je dirais bien en voyant la tour du XIIÈME siècle,  montes là haut, tu verras Montcuq.  Mais à cette heure matinale,  les visites ne sont pas possible.





Je serais bien rester deux mois de plus pour assister à une fête incontournable ici, celui du slip de Montcuq. Mais hélas je dois poursuivre mon chemin !


D'une seule traite,  soit seulement 14 kms,  je vais jusqu'à Lauzerte.



A l'origine cette colline était un oppidum gaulois. Son nom actuel date des environs de l'An mil. Tiré du latin Lucerna , lampe, il désigne une position idéale, visible de loin, comme une lumière.
A la fin du XIIème siècle le comte de Toulouse reçut la colline en don afin d'y faire bâtir un castelnau.





A l'intérieur de l'église des peintures surprenantes, par leur importance,  de Joseph Ingres (1754-1814).



Voici 1h30 que j'ai abandonné le Lot pour le Tarn et Garonne, le changement se fait aussitôt sentir sur le paysage. Désormais la culture céréalière et les cultures fruitières remplacent les forêts de chênes verts et qu'elle n'est pas ma surprise quand je croise sur mon chemin,  mes trois allemands d'hier après-midi.  Ils me proposent une nouvelle fois un buen Come Vinô.  Mais là,  la route est trop longue, je préfère m'abstenir.



Incroyable, hier, j'ai fait un rêve qui se réalise ce matin. Je longe un champ de cerisiers. Je ne peux m'empêcher de prendre quelques poignées de cerises. Promis j'ai laissé les queues et les noyaux.


Plus loin. C'est mieux encore, les cerises sont en cagettes en donativo.  Là j'en rempli un sac, pour les déguster tout le long du chemin.


Je compte maintenant aller jusqu'à Dufort-Lacapelette, soit 26 kms après le départ,  mais en fait c'est un Snack' à dos qui m'arrête.


Ici, sont proposées des salades maison et cerises en dessert.  Quel régal. Remis en forme pour terminer les 15 derniers kms.



Les 3 derniers kms sont pénibles, car j'aborde les faubourgs de Moissac. La civilisation de l'automobile reprend le dessus. Je me rends à l'ancien Carmel qui me tiendra lieu de gîte pour ce soir avec un vrai jardin de soeurs carmélites pour me reposer de cette journée et vue sur l'abbatiale.




Cumul: 790,5 kms