Hélas, c'est là que nos chemins se séparent. Babeth avec son pied douloureux va rentrer à la maison et se faire soigner. Tandis que moi je vais quitter la rivière Lot et arpenter le Quercy Blanc.
Dure journée en perspective sans doute. Le soleil sera encore présent avec des températures de 31 degrés annoncées. En évoquant le Quercy Blanc, j'imagine que le calcaire blanc saura rôtir l'écrevisse que je suis devenu depuis 3 jours.
Je sors du camping à 8 h, je longe une dernière fois le Lot pour passer par le Pont Valentré, passage à pèlerins par excellence, et sitôt le pont franchi, grosse grimpette pour rejoindre le plateau sur l'autre rive. Dernier coup d'oeil sur Cahors et son méandre formé par le Lot.
Nous avons été prévenu, une petite demi-heure sportive pour dominer la cité, mais quel spectacle.
Il faut s'attaquer maintenant à la partie encore boisée du Causse pour aller jusqu'à Labastide-Marnac. 2h30 parmi ces chênes verts qui ne sont pas très haut, mais offrent suffisamment d'ombre pour protéger le pèlerin des assauts cuisants des rayons du soleil.
Arrêt au village pour faire le ravitaillement et prendre un café à l'épicerie -bar, rendez-vous de tous les pèlerins. En accompagnement, je prends une tablette de chocolat, que je vais finir dans la foulée, car il fait trop chaud pour la garder dans le sac à dos. (Çà, c'est la version officielle). Officieusement, je suis un peu, voir légèrement gourmand.
Seulement, à la sortie du village, plus de forêts, je suis en plein soleil et il fait déjà plus de 28 degrés au soleil. Vous allez me dire bien fait, il fallait se mettre à l'ombre, mais elle se fait rare. Je commence à rêver que ce chemin est bordé de chaque côté de cerisiers, dont les fruits rouges sang, brillants au soleil, ne demandent qu'à être avalé. Je commence à halluciner...
Je vois que 12 kms plus loin, passe un petit cours d'eau, le Verdanson, près de Lascabanes, parfait pour faire la pause médiane. Il est 13 h quand j'arrive, mais le cours d'eau est à court d'eau et je me contente d'un muret pour manger à l'ombre. Je vais ensuite prendre un café au "pose café" du village près de l'église.
Rebooster par cette boisson chaude, je passe 2 kms plus loin devant la chapelle St Jean le Froid, curieux nom alors qu'il fait 30 degrés.
Sur le chemin qui suit je rencontre trois allemands assis à l'ombre de quelques arbres. Ils m'interpellent et me disent non pas Buen Camino, mais Buen Come Vinô et sortent leur bouteille de Cahors et des verres. Nous trinquons, Prosit !! Danker !! Bitter !!
Je ne croyais pas si bien dire, 2 petits verres de rouge après, je repars, les jambes ne sont plus lourdes et je pense :
Bitter !! Il faut laisser les faits se faire, Montcuq (Lot) est en bas de ce chemin. Je vais arrêter là au gîte lou Soleillou, maison aux volets bleus, à l'heure de la pause boisson fraîche de 16h.
Et si je ne suis pas trop pudique, demain matin, je vous ferais visiter Montcuq en partant.
Cumul: 749,5 kms
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire