Encore une nouvelle journée de pluie est attendue. Je ne suis donc pas très pressé de prendre le chemin, d'autant que la distance est courte. Comme le gîte est confortable et bien chauffé, nous avons tardé pour prendre notre petit déjeuner, seuls dans notre logement.
Le temps est couvert, mais pas de pluie. Tence est à 2 kms et premières pèlerines que je rencontre, ce sont nos laitières.
Sur le chemin, au loin le suc de Lizieux dépasse d'une tête les Monts voisins.
Au village, petit tour à l'église mais elle est fermée. Nous nous contenterons de son architecture extérieure.
9h30 déjà, nous continuons notre chemin par la haute vallée du Lignon. La ripisylve, c'est ce cordon d'arbres et d'arbustes qui bordent les cours d'eau et composés d'aulnes, de frênes et de saules.
Quittons la vallée pour reprendre de l'altitude et les chemins forestiers. L'hiver n'est pas loin, les arbres à feuilles caduques retrouvent timidement leur couleur verte et les fleurs printanières n'ont pas encore dit leur dernier mot.
De jolis corps de ferme bordent les chemins. Les carrefours et autres entrées de chemins sont souvent érigés de croix. Une forme de conjuration contre les effets maléfiques des diables et autres sorcières, selon certaines croyances anciennes qui n'ont plus cours bien sûr... enfin je crois.
Sur le chemin je rencontre de nouveaux pèlerins, certains sont avec des ânes, d'autres sont de marbre et d'autres enfin sont de bois, debouts.
Depuis ce matin, nous montons... nous montons, après être parti de 850 m, nous sommes à 1044 m au hameau de Araules, pour midi. Nous déjeunons sous un abri, car les premières gouttes commencent à faire leur apparition. Le vent souffle toujours très fort et il n'est pas bien chaud.
Nous apercevons un petit café ouvert. Nous nous y engouffrons pour y prendre un petit quelque chose bien chaud.
D'un seul coup je suis plongé dans mes souvenirs d'enfance. Au sol, un vieux parquet, craquant sous nos pas, qui penche dans le sens de la pente. Je revois mon grand-père paternel tenant lui aussi un café, l'arroser chaque matin avec un récipient percé pour éviter la poussière quand il le balayait.
Puis tout à coup le carillon sonne. C'est le même que celui qu'avait ma grand-mère maternelle. Ce son identique me replonge dans les fêtes familiales chez ma grand-mère rythmées chaque heure par cette musique.
C'est bien de rêver, mais il faut penser à poursuivre et surtout essayer d'arriver avant la forte pluie. Hélas la dernière heure est de trop et le temps s'assombrit terriblement. Nous franchissons la forêt domaniale de Meygal à 1248 m avant d'arriver 100 m plus bas sur le hameau de Queyrieres.
Nous avons hâte d'arriver, la pluie s'installe pour la soirée. Nous sommes hébergés à la Chambre d'hôtes La Boria Delh Chastel. Magnifique demeure au pied d'orgues basaltiques. Hélas le soleil manque un peu pour restituer de leur beauté.
Ce soir dîner, au coin du poêle à bois, avec notre Suisse du Valais rencontré à Yenne. Au menu, apéritif maison à la fleur d'oranger, poêlé de légumes accompagnant un filet mignon, en dessert une coupelle de fraises à la vanille, sans oublier un panel de digestifs maisons (verveine distillée, alcool de verveine et alcool de poire).
Maintenant il est 23 h, nous allons couler une douce nuit.
Cumul: 329 kms
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