Pensée du jour :
Au carrefour imprévu, quel chemin prendrai-je? Quel pont ? sur quel fleuve ?
Il faudra, m'a-t-on dit, traverser bien des landes et quelques hauts plateaux après l'hiver.
Il faudra décrypter la moindre rumeur, le long des ogives, le long des linteaux.
Mais saurai-je entrevoir à la fin, dans la pénombre des bois,
Les ailes déployées de cet ange musicien dont on m'a tant parlé?
Ce jour sera une monotone randonnée, puisqu'elle suit très souvent la route, à part quelques exceptions par les collines.
Monotone et triste, car il fait très gris au départ à 7h30, du gîte. Par prudence, je mets mes guêtres et ma cape. La pluie s'installe peu de temps après, ne me permettant pas d'apprécier le paysage vallonné, couvert de cultures de céréales.
Dans ces conditions je ne rêve plus, mais, dans ma tête, je me refais le film à l'envers du chemin sur le Célé ou de mon départ sous la neige, il y a déjà un mois. La seule chose que je regarde, c'est le bout de mes chaussures, tête baissée, sous ma capuche dégoulinante. 1h30 sous la pluie et là, c'est la très grosse pluie d'orage, je me presse pour rejoindre St Antoine sur l'Arrats. Je me réfugie dans l'église.
Quelques petites prières à St Antoine pour qu'il nous retrouve le soleil. A défaut, si ce n'est pas efficace, au moins je suis au sec le temps que l'orage se calme.
Un petit quart d'heure après, je ressors profitant de l'accalmie pour reprendre le chemin vers Lectoure. Mais à la sortie du village grosse surprise, un ruisseau est sorti de son lit et barre la route. Il faut bien se résoudre à continuer, même s'il faut marcher sur l'eau, car il y a au moins 20 cm d'eau et de boue.
Mais nous n'avions pas tout vu. Je dis nous, car nous sommes déjà une dizaine de pèlerins un peu bloqués, par cette crue. Un ou deux kms plus loin, il faut descendre une colline par un chemin qui ressemble plus à un ruisseau et nouvelle déconvenue en arrivant en bas, il faut traverser un ruisseau sur un petit pont. Mais celui-ci a disparu englouti sous les eaux. Une pèlerine tente de passer, mais elle en a jusqu'au ras des fesses et plante son bâton pour vérifier la profondeur. Elle pourrait s'enfoncer jusqu'à la poitrine. Trop risqué, elle fait demi-tour et tout le groupe de même.
Nous préférons rejoindre Miradoux par la route, soit 3 kms supplémentaires, toujours sous une pluie battante.
Je n'ai pas eu le choix que de continuer car à ce village je suis sûr de trouver un hébergement pour enfin me changer. Je n'ai strictement plus rien de sec.
Je trouve un gîte, avec un nom prémonitoire "bonté divine". Enfin bien content de poser mon sac à dos et surtout de passer toute ma panoplie au sèche-linge.
Pas question de pique-niquer dehors, je vais au restaurant du village et cet après-midi repos. Le soleil est de retour et je vais lézarder sur la terrasse.
Cumul: 831,5 kms
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