Après une bonne soirée où chacun a pu expliquer son chemin en espagnol ou en Anglais (car il y avait une italienne, un anglais, un allemand, deux coréennes et moi, en plus des espagnols majoritaires), notre chef de famille est venu personnellement nous dire bonne nuit, en se souvenant de chacun de nos prénoms.
Je me suis senti tellement à la maison que je ne me suis même pas réveillé cette nuit. Au petit matin, c'est-à-dire 6h, comme promis une douce musique nous réveille. Il s'agit de l'Avé Maria de Gounod, de quoi mettre en forme pour la journée. Le petit-déjeuner est servi personnellement par Alejandro et nous propose un deuxième service si le besoin s'en fait sentir. Puis viennent les embrassades très chaleureuses pour le départ échelonné de la " famille" direction Tineo à 11 kms.
C'est à flanc de collines que je progresse, jusqu'à rencontrer Miguel avec sa petite charrette qui a couché avec nous hier soir. Nous sommes sur les balcons de Tineo que je ne verrais même pas puisque le chemin ne rentre pas dans la ville.
Puis à la sortie de Tineo, c'est un chemin creux profond et superbe qui m'emporte à travers bois jusqu'au col de Piedatrecha.
Il est un peu plus de 11 h, j'arrive au sommet après 4h de marche. Même s'il est un peu tôt, je fais ma pause déjeuner, le cadre est trop magnifique. Je me trouve un petit coin d'ombre. Certains chantaient: " Dieu que la montagne est belle ", et c'est bien vrai, je ne me lasse pas de la regarder. Même pas le courage de fermer les yeux pour une petite sieste, de peur de ne plus voir la montagne au réveil.
Depuis mon arrêt,J'ai déjà vu passer un certain nombre de pèlerins, il vaut mieux que je reparte si je veux trouver de la place ce soir. Je vais descendre dans la vallée pour m'arrêter à Campiello faire mon approvisionnement pour ce soir.
Mais avant je ferais à nouveau un petit détour pour aller voir le monastère, abandonné, de Santa Maria La Réal d'Obona. En me baladant sous le cloître, j'ai l'impression de sentir les pas feutrés des moines y déambulant. Mais en fait il s'agissait du bruit sourd et régulier du paysan qui ramassait son foin dans le champ jouxtant le monastère.
Arrivé à Campiello, il ne me reste plus que 4 kms. Je dis adios à 3 ou 4 pèlerins qui s'arrêtent là et je vais jusqu'à Borres, et son bar El Gardin. Ne croyez pas encore que c'est pour commander un café, mais juste pour m'inscrire à l'albergue qui se situe à la sortie du hameau. Pour 5 euros, je m'offre une vue sur les montagnes que je vais attaquer demain, car j'ai fini de traverser la vallée que j'ai vu ce midi, du haut de mon point de vue.
Il est 15 h quand je pose mon sac à dos et choisi mon lit.
Cumul: 1.822 kms
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