Journée plus courte certes mais guère reposante, puisque chacun le sait les descentes sont souvent plus pénibles pour les jambes que les montées. Je pars de 800 M d'altitude pour retrouver la plaine, mais mes efforts seront récompensés par des paysages sublimes et sauvages.
Comme nous sommes en altitude, le brouillard stationne dans les vallées, ce qui donne au paysage une impression d'immensité.
Je monte encore 2 kms pour arriver à la mesa, et la ferme de Buspol, ancien hôpital de pèlerins.
Après être redescendu, une dernière montée de 2 kms pour basculer de l'autre côté du col, matérialisé par une petite ermita Santa Marina, trop craquante quand le soleil se donne le mal de l'éclairer.
2 h de descente sont nécessaires pour rejoindre le barrage de Salime. Mais qui dit descente, dit retour dans le brouillard. Et dans le brouillard, je fais de subites rencontres inattendues qui surgissent de nulle-part, tels des fantômes, venant troubler le calme des lieux. Car curieusement, le silence est complet, aucun chant d'oiseaux. Je comprends, en avançant que la forêt a été ravagée par le feu.
En s'approchant de la fin de la descente, tout à coup, je découvre, après dissipation de la brume, entre les sapins encore debout, la retenue d'eau.
De l'autre côté de la rive, je devine un bâtiment jaune qui ressemblerait bien à un café. Encore un effort pour descendre cette fois-ci, non pas une forêt de conifères, mais de châtaigniers épargnés par le feu dévastateur.
C'est Alfonso II, qui doit se retourner dans sa tombe en voyant son hameau de Salime, ses ponts médiévaux engloutis par les eaux, comme Portomarin, sur le Camino Françès, pour celles et ceux qui connaissent.
Mais il faut avouer aussi que cette retenue d'eau a son charme, surtout si le soleil veut bien y mettre du sien. Surtout que je vais l'apprécier sur cette deuxième partie qui monte à nouveau en sous-bois pendant 2 h pour gagner Grandas de Salime.
Un dernier regard sur le plan d'eau avant de me diriger vers le village et sa collégiale San Salvador.
Il est 12h30, trop tôt à mon goût pour m'arrêter. Aussi je décide de poursuivre jusqu'à Castro, "fidèle" à mon besoin de faire 25 kms/jour. Le chemin a fait aujourd'hui deux pauvres victimes supplémentaires, abandonnées là, comme des chiens un jour de départ en vacances. Je les laisse et continue pendant 1 h pour poser ma machila à l'auberge de jeunesse dans cet hameau de Castro qui compte plus de têtes de bêtes que d'habitants. Mais quelle tranquillité pour pique-niquer sur la terrasse avec un tel cadre, prenant exemple sur les locaux qui semblent bien apprécier ces moments de repos.
Une fois de plus, je suis arrivé à temps, car j'ai fini mon pique-nique à l'intérieur de la cocina, car un orage s'est déclaré et cela aurait été dommage de mettre de l'eau dans mon verre de vinô tinto.
Enfin, j'ai trouvé une française, Myriam. Çà fait du bien de retrouver sa langue natale. Nous allons pouvoir dîner ensemble ce soir.
Cumul: 1.875,5 kms
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