Poème du jour :
Poussière, boue, soleil et pluie
C'est le chemin de St Jacques.
Des milliers de pèlerins
Et plus d'un millier d'années.
Pèlerin, qui t'appelle ?
Quelle est cette force obscure qui t'attire ?
Ni le champ des étoiles,
Ni les grandes cathédrales,
Ce n'est pas la truculence des Gascons.
Ni les vins du Sud-Ouest ou l'eau de vie d'Armagnac,
Ni les confits ou les foies gras de pays,
Ni les fières pays de l'Occitanie.
Pèlerin qui t'appelle ?
Quelle est cette force obscure qui t'attire ?
Ni les gens de chemin,
Ni les coutumes rurales.
Ce n'est pas l'histoire et sa culture.
Ni le trésor de Conques,
Ni le pont Valentré de Cahors,
Ni le cloître de Moissac.
Tout cela, je le vois au passage.
Et ce m'est une joie de le voir.
Mais la voix, qui moi, m'appelle,
Je la ressent au plus profond.
La force qui, moi, me pousse,
La force qui, moi, m'attire,
Je ne sais même pas l'expliquer.
Seul celui d'en haut le sait.
Ceci dit, je pars encore plus tôt, ce matin, il est 7h10, car la journée sera de nouveau humide. Tout ce qui sera fait sans la pluie est un plus. Je franchis le petit pont que j'ai été voir hier en fin de journée.
L'on raconte que jadis ce lieu fût mal famé. Antre des brigands et rendez-vous de coupe-jarrets, les ruines de la commanderie attenante à ce pont, servaient de repaire à des cartouches Gascons et aux détrousseurs sans vergogne. Ci-gît, encore la dépouille d'un pauvre voyageur assassiné parce qu'il n'avait pas cédé sa bourse...
Alors, voyageur, pèlerin, prends garde, ces temps ne sont pas si lointains...
Ce matin je suis seul à passer ce pont. Pas de risques. J'entre sur les plaines du Ténareze où se côtoient les champs de Tournesol, de blé, d'orge ou d'avoine et de vignes. Et c'est parmi ces vignes qu'un îlot de verdure protège la chapelle Routges.
C'est à Montréal, 12 kms plus loin que je fais ma pause café.
Le ciel s'assombrit encore et une demi-heure après les grosses pluies orageuses refont leur apparition. La galère reprend, gadoue, grosses mares d'eau jaunâtre, glissades.
Heureusement il est un peu plus de midi, après 22 kms, enfin un refuge apparaît, c'est la petite chapelle de Lamothe, qui par chance, a un porche, choses rares dans ces lieux.
J'ai fini de manger et la pluie s'arrête de tomber, chouette je vais pouvoir reprendre mes pérégrinations. Il me reste que 7 kms pour aller à mon étape de ce jour, Eauze, par une ancienne voie de chemin de fer, de la RATP, sans doute. Si j'ose dire, pour entrer à Eauze, Rentre Avec Tes Pieds.
Le gîte est communal et se situe près de la cathédrale. Cette fin d'après-midi, un concert de trompes du Rouergue y est donné. Bien sûr j'y vais.
Ayant fait mes courses en arrivant, je vais faire ma popote ce soir dans la cuisine en libre service. Après je ne traîne pas, car je veux passer une bonne nuit, récupérer pour être en forme à l'aube pour une nouvelle étape, très humide encore selon les prévisions météo.
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