Dès 7 h je vais prendre mon desayuno au bar d'en face et pars une demi-heure après. Je veux en finir vite avec mon cauchemar en traversant Requejada pour enfin retrouver une belle campagne qui va m'accompagner jusqu'à Santillana del Mar à 8 kms d'ici. En attendant je suis sur le trottoir de la N611 pendant une demi-heure et je contourne l'usine chimique Solvay avant de retrouver les toutes petites routes.
Fini le bruit infernal de la circulation et des fumées qui s'échappent de ces gros chaudrons. En quelques minutes, le bruit s'estompe, je retrouve l'odeur de l'herbe fraîche et le parfum ennivrant du chèvrefeuille. De nouveau le coq chante, les pigeons roucoulent. Comme je me sens bien, et pour fêter ce moment, le soleil fait son apparition.
Voici Santillana del Mar qui se dévoile au creux d'un vallon. Ce plus beau village d'Espagne, selon Jean -Paul Sartre dans son livre "les nausées" est une cité médiévale. Ne voyez pas dans ces tours cylindriques en avant de cette cité, je ne sais quelles tours de gardes où des guetteurs seraient prêts à nous jeter de l'huile bouillante. Il s'agit tout simplement des silots à maïs, caractéristiques de cette province de Cantabrie. Ils seront complètement différents lorsque nous passerons en Galice.
Je vais déambuler dans le passé pendant près d'une heure et admirer autant sa collégiale du XIIème, que ses splendides maisons.
Dès lors, c'est par un chemin dérobé que je m'échappe de la cité médiévale pour aller vers Comillas, 22 kms plus loin. Mais je compte bien m'arrêter pour 12h30 à Cobreces. Mais le temps en a décidé autrement, vers 12h15 un vrai crachin breton s'installe. J'approche de Ciguenza.
Je vois un panonceau indiquant à 500 m, hors du chemin, un restaurant avec menu Pelegrinos. Çà tombe bien, je n'ai pas fait de ravitaillement, ce matin. Je m'y rend, hélas nous sommes lundi et c'est fermé. De guerre lasse, je fais demi-tour, pensant repartir pour 3 heures de marche, sans rien dans le ventre. Mais c'est sans compter sur les mystères du chemin. Je fais à peine 50 m, qu'une camionnette s'arrête, le chauffeur ouvre ses portes arrières et que vois-je, fruitas et verduras. Tout ce qu'il faut pour faire le bonheur d'un pèlerin affamé. Maintenant je dois trouver un endroit abrité pour déguster tranquillement et au sec, mon repas de ce midi. J'ai bien pensé aux ermitages avec leur porche, mais ils sont tout le temps fermés. Et bien non, celui-là, que je trouve 2 mn plus tard est bizarrement ouvert. Et pour bien finir mon repas, je poursuis mon chemin 1/4 h pour arriver à Cobreces me faire servir un café au bar, qui exceptionnellement, ne fait pas restauration.
La pluie a cessé de tomber, je n'ai plus qu'à sécher, j'ai 3 h pour cela, le temps nécessaire pour me rendre à Comillas, gentil petit port de pêche. Sur le chemin je dépasse l'ermitage Santiago de Venta de Tramalon, face à la mer.
Il est 15h30 quand j'arrive en vue de la mer et de Comillas.
Hélas, en arrivant, l'albergue est complète, une pension de famille également, je me rabat sur l'hôtel esmeralda. Je prends mes appartements avant de faire un tour dans la ville et au port.
Dîner ce soir à l'hôtel et nuit tranquille puisque je suis seul, dans ma chambre avec tout le confort.
Cumul: 1.566,5 kms
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