Mes deux comparses de chambrée se levant à 5h, je traîne un petit peu, mais je fais pareil et à 6 h, je suis sur la rue d'Espagne. Comme pour une rentrée scolaire, les pèlerins marchent les uns derrière les autres, direction Ronceveaux. Mais attention, moi, je suis l'exception, 20 m plus loin j'oblique complètement à droite pour suivre aussi les traits rouge et blanc, mais ceux du GR 10.
Le jour se lève à peine sur un brouillard qui engloutit St Jean Pied de Port et sa vallée. J'adore ces ambiances de mystère très intriguantes.
Je marche dans un silence complet, même les oiseaux n'osent pas chanter. Et au bout de 2 h, à force de s'élever en altitude, j'atteinds 600 m, pour un point de départ à 157 m. Je m'extirpe des nuages et le ciel bleu apparaît.
Le rideau du spectacle s'ouvre, celui des grands espaces que nous offre la montagne. C'est tout là haut au Mont Munhoa à 1021 m que je dois passer pour redescendre sur St Etienne de Baigorry.
Mais avant je m'accorde une petite pause, devant ce merveilleux décor et j'ai une petite pensée pour tous les pèlerins partis ce matin sur le GR65 et qui n'auront pas la chance de voir de tels paysages, engloutis qu'ils sont dans cette mer de nuage à l'infini et pour toute la journée.
Nous sommes en montagne, il ne faut pas se fier aux distances parcourus (19 kms), mais plutôt au temps de marche 6h30. Les pentes sont raides. Les rencontres improbables surprenantes, tel ce charognard que j'ai croisé à pas plus de 20 m de moi.
Je mesure la chance d'avoir ce beau temps pour apprécier ce panorama que j'oserais comparer au chemin de Ronceveaux en disant qu'il est 10 fois plus sauvage.
Le petit-déjeuner est déjà bien loin et vu les efforts que j'ai fourni ce matin, je vais m'inspirer de ces moutons pour faire un arrêt à l'ombre et casser la graine.
Le soleil tape dur, mais je suis fier de mon nouveau chapeau qui a remplacé mon vieux, mort au combat, pendant les averses des derniers jours. Il a dû rester inanimé sur le bord d'un chemin, suite à un coup de vent.
Cette fois je redescends jusqu'à St Etienne de Baigorry à 162 m, ce qui suppose une descente tout aussi raide que la montée, mais le corps ne travaille pas de la même façon. Les cuisses sont très sollicitées et j'ai l'impression de percer le bout de mes chaussures avec les orteils.
Arrivé vers 12h30, je me repose un peu dans les jardins ombragés de l'église, avant de visiter le village, son pont romain, son château et son église dont l'intérieur avec ses balcons en bois sculptés sont de véritables bijoux de l'architecture basque.
Je n'ai qu'une envie, passer sous la douche dans le gîte Gaineko Karrikan situé près de l'église. J'y ai pris demi-pension, car nous sommes dimanche. Le gérant du gîte, m'a demandé d'emblée, si j'étais aguerri à la montagne, car demain l'étape sera très technique. Je suis prévenu, car souvent des gens y laissent des chevilles ou des fractures.
A part ça, je devrais bien dormir dans ma chambre pour deux. Pourvu que ce ne soit pas un ronfleur. Jusqu'à présent, j'ai eu de la chance.
Cumul: 1.146,5 kms
Chemin aussi raide que celui de Roncevalles ? Et pour les ronflements je ne suis pas là 😂😊
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